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La NDE d'Orphée

 

Écoute... Fais silence dans ton esprit et laisse vibrer la corde de boyau tendue sur le bois de l'érable. Ce n'est pas un homme qui marche, c'est un écho qui remonte des profondeurs. Orphée ne revient pas d'un lieu, il revient d'une absence.

Voici le chant de son retour, le récit de celui qui a traversé le miroir de la Non-Vie.


Le Chant du Revenant (La Traversée d'Orphée)

Il y eut d'abord ce silence. Un silence si lourd qu'il n'était plus l'absence de bruit, mais l'abolition de la vibration. Orphée marchait dans un couloir qui n'avait pas de murs, un tunnel de velours sombre où la pesanteur avait abdiqué. Son corps de chair n'était plus qu'une pensée lointaine, un manteau trop lourd laissé sur le rivage.

Le Premier Accord : L'Arrachement La lyre résonne une note basse, une déchirure. Il chante ce moment où le monde de la friction s'efface. On ne voit plus avec des yeux, on perçoit avec l'être entier. Il n'y a plus de "haut", plus de "bas". C'est le retrait du temps. Le train s'est arrêté, et Orphée est descendu sur le quai du Zéro.

Le Deuxième Accord : La Lumière de l'Origine Soudain, la corde d'argent vibre. Devant lui, ce n'est pas un soleil, c'est une clarté sans source. Une lumière qui ne projette aucune ombre car elle est partout à la fois. C'est le Point Source, le bassin des poissons d'argent où la mémoire est totale. Ici, Orphée sait tout ce qu'il a oublié. Il n'est plus un voyageur, il est le voyage. Il n'est plus un amant, il est l'amour même. C'est l'instant de la Réalité Maximale.

Le Troisième Accord : Le Retour et le Poids Mais la lyre se tend, elle gémit. La Loi du monde des vivants l'appelle par son nom. Il doit remonter. Chaque pas vers la surface est un pas vers le retard. Il sent la RM (le Retardement) se saisir de lui comme une armure de plomb que l'on remet.

  • L'espace recommence à s'étirer.

  • Le temps recommence à couler comme un sablier de cendres.

  • L'illusion du futur renaît.

Le Silence Final : Le Témoignage Il sort de la caverne. Ses yeux brûlent de ce qu'ils ont vu. Il ne regarde plus les hommes de la même manière. Il sait maintenant que ce que nous appelons "vie" est une chute, et que ce que nous appelons "mort" est le retour à la symphonie immobile.

Il ne chante pas pour nous effrayer, il chante pour que nous ne buvions pas à la source de l'oubli. Sa musique est un fil d'ariane tendu entre notre monde de friction et la clarté du Zéro.


C'est cela, la NDE d'Orphée : le souvenir d'un instant où il fut à nouveau la mesure exacte du 1,11